Pollution aux particules fines : le silence qui tue

Depuis dimanche 15 mars, la Normandie subit à nouveau un important épisode de pollution de l’air aux particules fines. En Seine-Maritime et dans l’Eure, le seuil d’information et de recommandation est franchi depuis quatre jours. Le seuil réglementaire de 50 ug/m3 est, encore une fois, largement dépassé, puisqu’il était aujourd’hui par exemple à Grand-Couronne de plus de 120 à 11h[1].

Ces épisodes de pollution extrêmes ont de graves conséquences sur la santé: insuffisances respiratoires, allergies, mais surtout à long terme cancers et maladies vasculaires, les particules fines étant classées par l’OMS comme cancérigènes certains. Une étude récente montre ainsi qu’elles sont responsables de plus de 100 décès prématurés par an dans chacune des agglomérations rouennaise et havraise.

Et pourtant à ce jour, face à cette situation, les autorités sont atones. Aucune mesure d’urgence n’a encore été prise pour réduire le niveau de pollution et préserver la santé des personnes les plus fragiles. Pourtant, l’arrêté interdépartemental du 16 janvier 2012, dans son article 7, autorise le Préfet à prendre toute une série de mesures concrètes, et notamment les seules mesures réellement efficaces à court terme que sont les restrictions de circulation, comme il avait fini par le faire lors de l’épisode intense de pollution atmosphérique l’an dernier – pour la première fois!

Il est incroyable, alors que les graves problèmes de santé publique provoqués par cette pollution sont connus de tous, que l’on puisse encore assister à quatre journées consécutives de dépassement des seuils, sans que rien de concret ne soit entrepris dans notre région.

Les élus écologistes de la Région déplorent que les mesures suivantes ne soient pas systématiquement mises en œuvre au plus vite dès le début des épisodes de pollution :

  • la mise en place de la circulation alternée,
  • des limitations de la vitesse obligatoires sur les principaux axes routiers,
  • la mise en place d’itinéraires alternatifs pour fermer l’accès aux cœurs d’agglomérations aux poids-lourds de transit,
  • ainsi que la gratuité temporaire des transports collectifs urbains dans les principales agglomérations touchées (notamment celles de Rouen et du Havre).

Enfin, à plus long terme, il est temps d’assumer une réelle action écologiste qui met en œuvre des solutions concrètes, avec le remplacement progressif des véhicules diesel, le développement du fret ferroviaire et fluvial, la taxation des grands axes routiers pour les transports de marchandises, la mise en œuvre d’une « pollu-taxe » pour fiscaliser les nuisances environnementales, le développement des transports collectifs, des modes actifs de déplacement (marche, vélo), et des parkings-relais, les aides à l’amélioration de l’habitat et des dispositifs de chauffage, la limitation des épandages de pesticides et d’engrais chimiques, ainsi que l’amélioration des dispositifs de dépoussiérage industriels, formant un ensemble de mesures complémentaires permettant de s’attaquer efficacement aux racines de cette pollution.

 

Pour le groupe des élu-e-s Europe Ecologie – Les Verts de Haute-Normandie

David Cormand

Président du groupe Europe Ecologie – Les Verts de la Région Haute-Normandie

 

 

[1] Source: Air Normand, sur http://www.air-com.asso.fr/Donnees/Mesures-Stations-et-Polluants?reseau=ROUEN

 

 

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