L’intermobilité en Haute-Normandie: Aller plus loin qu’Atoumod, c’est indispensable!

Aujourd’hui, dans le désordre du chantier de la gare de Val-de-Reuil, la ministre de la décentralisation et de la fonction publique Marylise Lebranchu a rencontré Nicolas Mayer- Rossignol, président de la Région, Jean-Louis Destans, président du Conseil départemental de l’Eure, Yvon Robert maire de Rouen, Bernard Leroy, président de la CASE et Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil.

Le sujet de ce déplacement, présenté comme la pierre angulaire de l’intermodalité en Haute-Normandie, c’est la carte Atoumod. Les écologistes défendent depuis longtemps un pass unique transport (ce que n’est pas – encore ? – la carte Atoumod), cela faisait d’ailleurs partie du programme d’Europe Écologie aux élections régionales en 2010. On peut effectivement souligner le fait que la carte Atoumod a obligé, pour la première fois, à faire travailler ensemble les différentes Autorités de Transports de nos territoires – même si on note toujours de nombreux dysfonctionnements sur le terrain.

Mais ce n’est qu’une toute première étape, encore inachevée, dans la recherche d’une intermodalité efficace, qui permettrait réellement aux Haut-Normands de pouvoir réaliser leurs déplacements du quotidien autrement qu’en voiture.

La véritable intermodalité demande en effet des réalisations concrètes sur le terrain, de vraies correspondances physiques et horaires entre modes de transports, train, bus, etc… La desserte de Val-de-Reuil en heures creuses et en soirée par exemple, est inexistante, le cadencement est toujours approximatif, avec une fréquence de 2 heures hors pointes. Le dernier départ de Rouen pour Val-de-Reuil est toujours à 20h08. Des trains sont supprimés par manque de matériel. On s’accommode maintenant de voyager debout. Sans parler des problèmes de tarifs pour les utilisateurs de la gare de Vernon, qui payent aussi cher de transport entre Vernon et Bonnière, que de Bonnière à Paris en utilisant un Pass Navigo !

Si l’on peut saluer les efforts de la Région pour participer, aux côtés de RFF, aux financements de lignes locales dont l’état est critique, comme la ligne Bréauté-Fécamp, cela reste peu par rapport aux immenses besoins de notre réseau régional, dont l’entretien est délaissé depuis des décennies. Et les dernières priorités de l’État en matière de transports collectifs ne vont pas dans le bon sens: priorité donnée aux grosses infrastructures, comme la LNPN (Ligne Nouvelle Paris-Normandie) qui aspirent une grande partie des financements prévus pour le ferroviaire, baisse des dotations, suppression de l’écotaxe, politique de la SNCF et de RFF peu lisibles… Pendant ce temps on attend toujours la réouverture ferroviaire de la ligne Rouen-Evreux, pourtant prioritaire pour tous les travailleurs et scolaires qui font tous les jours la navette en voiture ou avec la ligne de car 390, en piteux état !

EELV Haute-Normandie appelle donc les élus locaux et l’État à aller plus loin et à être plus ambitieux, en créant un syndicat des transports régional qui permette de clarifier l’offre et de la rendre réellement complémentaire, et de proposer un vrai titre de transport unique pour notre région. Cela demande une vision globale de la mobilité, avec une offre de transport du quotidien améliorée, qui ne se limite pas à une carte d’abonnement rechargeable…

 

Gilles Fraudin, Commission Régionale Transports EELV Haute-Normandie

David Cormand, Président du Groupe des Elu-e-s EELV – Région Haute-Normandie

Jérôme Bourlet, Conseiller Régional EELV

 

 

infographie Atoumod

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